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Qu'est-ce
que c'est ?
Parmi les divers maux de tête (céphalées) la
migraine occupe une place à part. Elle se
caractérise par la répétition de crises de
céphalées obéissant à des critères précis,
définis en 1988 par l'International Headache
Society. |
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Décrite depuis l'Antiquité comme une douleur affectant la moitié
du crâne (hémicranie) la maladie migraineuse obéit dans la
définition de l'International Headache Society (1988) à des
critères précis. Elle se caractérise par la survenue répétée de
crises de céphalées (maux de tête) unilatérales, pulsatiles (on
y sent les battements du cœur), aggravées par l'effort physique,
le bruit et la lumière, et accompagnées de nausées et de
vomissements.
Ces crises durent entre 4 et 72 heures et peuvent être modérées
ou sévères obligeant le patient à s'allonger au calme et dans le
noir. Le sommeil peut les soulager. Elles se répètent entre une
à quatre fois par mois pour 70% des patients, qui sont par
ailleurs en bonne santé entre ces épisodes migraineux. Débutant
le plus souvent en fin de nuit, elles peuvent aussi survenir
plus tard dans la journée, souvent à la même heure pour le même
malade.
Les crises peuvent être précédées de signes avant-coureurs plus
ou moins repérés et plus ou moins bien interprétés par les
patients : il peut s'agir de troubles de l'humeur (abattement ou
euphorie), de troubles de l'appétit, (manque d'appétit ou faim
anormale en particulier pour les aliments sucrés (comme le
chocolat), qui sont ensuite incriminés à tort comme facteurs
déclenchants), difficultés de concentration, etc.
Certaines formes sont plus rares
Certains sujets présentent des migraines plus rares (20% des
cas) au cours desquelles la céphalée est précédée de symptômes
appelés "aura" : il s'agit le plus souvent de signes visuels
(tache sombre entourée d'un halo scintillant dite "scotome
scintillant" ou lignes géométriques en "fortification de
Vauban", ou simples taches lumineuses et brillantes dans la
moitié du champ de vision, ou encore amputation de ce champ
visuel). Plus rarement, il s'agira de troubles de la sensibilité
à type d'engourdissement de la main et du visage d'un côté, plus
rarement encore de troubles du langage et de déficit moteur.
Ces auras durent en principe 15 à 20 minutes (toujours moins
d'une heure) et peuvent se succéder. Leur disparition est suivie
de la céphalée typique de migraine plus ou moins intense.
Plus exceptionnelles encore sont les migraines avec déficit
moteur touchant la moitié du corps (hémiplégiques) ou avec
paralysie d'un nerf moteur oculaire (ophtalmoplégiques).
La migraine varie selon les âges et le sexe
Il s'agit d'une affection fréquente touchant environ 12% de la
population adulte, deux fois plus souvent la femme que l'homme
mais, pour diverses raisons, on estime que seulement 50% des
migraineux consultent.
La maladie débute dans l'enfance ou l'adolescence, est maximale
entre 30 et 40 ans et s'atténue ensuite.
Il s'agit d'une affection invalidante et imprévisible. La
périodicité des crises varie d'un patient à l'autre et chez le
même patient : 75% d'entre eux ont entre une crise par semaine
et une crise par mois et plus de la moitié d'entre eux estiment
que leur qualité de vie est altérée par la migraine.
Chez l'enfant :
on estime entre 5 et 10% le nombre d'enfants migraineux. Chez
eux, les crises sont volontiers plus courtes et bien soulagées
par le sommeil. Elles peuvent aussi se manifester par des
vomissements répétés ou plus rarement des phénomènes
vertigineux.
Chez la femme
la maladie peut être rythmée par la vie hormonale : la migraine
devient plus fréquente chez la fille que chez le garçon après la
puberté, les crises peuvent survenir uniquement au moment des
règles (migraines cataméniales), elles disparaissent
généralement au cours de la grossesse et après la ménopause. La
prise d'oestroprogestatifs ("pilule") ou de traitements
hormonaux peut modifier le rythme et la gravité des crises.
Parfois, les crises sont quotidiennes
Enfin chez certains patients, la fréquence des crises
s'intensifie jusqu'à devenir quotidienne tandis que les
symptômes en sont moins typiques. C'est ce que l'on appelle
migraine transformée ou céphalée chronique quotidienne. La
transformation se fait le plus souvent lors d'un abus
médicamenteux avec apparition d'une dépendance en antimigraineux
et antalgiques et/ou lors d'intrication de la migraine avec des
céphalées de tension (d'origine psychogène) à la faveur d'un
état dépressif plus ou moins évident. Le traitement consiste en
un sevrage médicamenteux souvent difficile à mettre en œuvre
nécessitant parfois une hospitalisation : l'information des
patients sur ce risque, lié souvent à l'automédication, devrait
en réduire la fréquence.
L'examen clinique neurologique du migraineux est toujours normal
et les examens complémentaires de routine que l'on peut parfois
être amené à demander sont également normaux (scanner,
radiographies de crâne, sinus, électroencéphalogramme, etc.). Il
n'est d'ailleurs pas justifié de les demander devant des
symptômes typiques de migraine. En revanche en cas d'atypie,
d'évolution inhabituelle ou devant des signes anormaux à
l'examen neurologique, ils sont nécessaires pour éliminer
d'autres pathologies responsables de céphalées.