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Qu'est-ce
que c'est ?
La maladie d'Alzheimer est une maladie
dégénérative du cerveau où s'accumulent des
amas de substances chimiques anormales
responsables d'une détérioration progressive
de la mémoire et des capacités
intellectuelles. |
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La maladie d'Alzheimer est la cause la plus fréquente des
démences (60 à 70 %). 3 % de la population âgée de plus de 65
ans est atteinte de la maladie d'Alzheimer pure. C'est aussi une
affection du sujet âgé. La prévalence croît de façon importante
après l'âge de 65 ans, passant à 12-20 % environ au-delà de 85
ans. L'espérance de vie des patients atteints de la maladie
d'Alzheimer est, en moyenne, de 8 à 10 ans après le début des
symptômes.
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La fréquence de la maladie et le vieillissement progressif de la
population font de la maladie d'Alzheimer un fléau
socio-économique dont le poids ne cesse de croître au cours des
années. Il a été avancé qu'en 2050 le nombre de patients
atteints de démence dégénérative sur le continent nord-américain
devrait dépasser celui des personnes atteintes de cancer. En
1985, on estimait qu'aux USA la prise en charge des patients
atteints de maladie d'Alzheimer représentait une dépense de 48
milliards de dollars par an. Ce chiffre a sans doute doublé 15
ans après.
La preuve nécessite l'examen du cerveau au microscope
La maladie d'Alzheimer se définit par des critères anatomiques,
c'est-à-dire seulement décelables à l'examen microscopique du
cerveau. Le cortex du cerveau de patients décédés de la maladie
présente en effet typiquement deux types de dépôts anormaux :
les plaques séniles et les agrégats neuro-fibrillaires. Sans
cette preuve, on ne peut que suspecter et non affirmer la
maladie. C'est dire que le diagnostic de certitude ne peut pas
être fait du vivant du malade, et malgré toute l'expérience des
cliniciens, les meilleures équipes rapportent un taux de
confirmation du diagnostic de l'ordre au mieux de 80 %.
Le médecin doit donc se contenter d'une suspicion pour instituer
le traitement, ce qui doit être fait le plus tôt possible, en
particulier depuis que sont disponibles des médicaments dont
l'efficacité a été, pour la première fois dans l'histoire de
cette maladie, scientifiquement prouvée. Mais ce diagnostic est
loin d'être toujours facile, au moins au début, car les
symptômes sont volontiers sous-estimés ou banalisés par le
patient et parfois aussi par son entourage.
Les nouveaux médicaments disponibles ont tous un effet similaire
: ils agissent en favorisant l'action d'une substance chimique
naturelle, l'acétylcholine, que le cerveau des patients
souffrant de la maladie d'Alzheimer fabrique en quantité
insuffisante. Il s'agit donc de traitements palliatifs qui
n'agissent pas sur la cause elle-même de la maladie qui, elle,
reste inconnue.
La piste de la génétique
Une recherche scientifique très active a cependant permis, ces
dernières années, d'importants progrès vers la compréhension des
mécanismes de la maladie. L'une des pistes les plus fructueuses
a sans doute été celle suivie par les généticiens qui ont étudié
des anomalies chromosomiques dans des familles où plusieurs
membres souffrent de la maladie (un cas de figure rare, car dans
la grande majorité des cas, la maladie est dite sporadique,
c'est-à-dire sans hérédité décelable).
Plusieurs chromosomes ont ainsi pu être incriminés, en
particulier le chromosome 21 qui est précisément le siège de la
fabrication d'une protéine (dite bêta-amyloïde) qui participe
aux dépôts anormaux présents sur le cortex des patients (les
plaques séniles). Une anomalie sur ce chromosome n'a cependant
été mise en évidence que dans des formes très particulières de
la maladie où les symptômes surviennent de manière
exceptionnellement précoce (avant 50 ans). Le chromosome 19
serait pour sa part impliqué dans la forme la plus fréquente
dite "sporadique tardive".
Une autre piste suivie par les chercheurs a été celle de la mort
cellulaire (ou apoptose) phénomène normal, caractérisé par une
perte continue des neurones du cerveau tout au long de la vie de
l'individu, mais qui s'accélère de manière considérable dans la
maladie d'Alzheimer. Cette perte cellulaire serait en partie
provoquée par les dépôts anormaux cités plus haut. Enfin, la
présence dans le cerveau des sujets Alzheimer, de cellules
inflammatoires, c'est-à-dire celles-là mêmes qui sont retrouvées
partout ailleurs dans l'organisme lors d'inflammation ou
d'infection, suggère un facteur immunologique.
Toutes ces pistes sont actuellement activement utilisées par les
pharmacologues dans la conception de futurs traitements qui
seraient non plus palliatifs mais bel et bien curatifs de la
maladie.