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Clément XV Prêtre lorrain et pape à Clémery 1905 - 1974 |
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L'HISTOIRE RESUMEE COLLIN Michel Auguste Marie, dit Clément XV - Fondateur et pape de l'Eglise du Christ rénovée (Béchy [Moselle] 1905 - Clémery [Meurthe-et-Moselle] 23.06.1974)
Michel Collin appartient à une famille nombreuse (onze enfants). Son père (infirme) et sa mère étaient des petits commerçants catholiques, très pieux. Michel hérite de la mystique de sa mère qu'il considère comme une "sainte". Assez tôt, il prétend avoir des "visions" sur la fin des temps et le proche avènement du "Grand Monarque", qui lui valent de ne pas pouvoir continuer son noviciat à l'Institut des Pères de Notre-Dame du Sacré-Coeur à Issoudun et à Marseille. Il commence néanmoins un second noviciat (1928-1929) chez les prêtres du Sacré-Coeur de Saint-Quentin, puis prépare le scolasticat à Lille en 1932. Il est ordonné prêtre en 1933 par le cardinal Liénart - il se fait appeler "père Michel de l'amour infini". Peu après, il a des ennuis avec sa hiérarchie à cause de ses visions ; son supérieur le considère déjà comme un "malade mental". Cela ne l'empêche pas d'obtenir, entre 1935 et 1940, un ministère paroissial dans le doyenné de Chef-Boutonne (diocèse de Poitiers). On lui attribua ensuite divers ministères occasionnels. En réalité, il voyage beaucoup, prêche, s'entoure de "fidèles" séduits et convaincus de sa bonne foi. Il fonde les " foyers-cénacles" et lance pendant la guerre "La Croisade du Rosaire et du Magnificat", anime une troupe de jeunes "croisés" qui veulent "chasser le démon de la France", fréquente les sanctuaires mariaux (reconnus ou non). Dans tous les diocèses où il passe, il se fait remarquer par l'évêque du lieu. A la fin de la guerre, Michel Collin refuse d'obéir à son supérieur religieux qui lui demande de réintégrer sa Congrégation. Il affirme que la "voix du Seigneur" l'a invité à quitter l'Eglise. A Rome, son procès est en cours d'instruction. En 1951, la sanction tombe : il est réduit à l'état laïc par le Saint-Office. Michel Collin juge cette condamnation illégale et donc nulle. Il continue sa "mission" comme si de rien n'était en prétendant être soutenu par le pape Pie XII. Il ouvre un oratoire à Haguenau aussitôt interdit par l'évêque de Strasbourg, Mgr Weber (1960). Il s'installe alors à Clémery, dans une petite ferme, près de Nancy. A partir de là, il développe son apostolat aidé notamment par un prêtre de Nancy, l'abbé Césard (célèbre depuis les apparitions de Bouxières). Ils partagent le même penchant pour les apparitions, les "grottes" et les "miracles". Les adèptes se multiplient dans tout l'est de la France et aussi en Belgique, en Allemagne, en Suisse, en Italie et même au Canada. Michel Collin annonce que le Seigneur lui a fait savoir qu'il doit "secourir le monde" et "sauver l'Eglise". Averti, l'évêque de Nancy et de Toul, Mgr Pirolley, le frappe "d'interdit personnel", "pour propagation de doctrines erronées et fausses révélations", "pour révolte ouverte contre le Saint-Siège et les représentants de la hiérarchie" et pour "organisation de manifestations cultuelles superstitieuses". Quelques années plus tard, au décès du pape Jean XXIII (1963), la Sainte Vierge "confie" à Michel Collin "les clés de l'Eglise". Son avènement, clame-t-il, est annoncé depuis des siècles par de nombreuses prophéties et en particulier par le troisième fameux secret de Fatima qui le concerne directement. Il se fait sacrer et couronner pape au "Petit Vatican" de Clémery, sous le nom de Clément XV, le 3 juin 1963. Il a obtenu l'approbation "miraculeuse" de la "Sainte Trinité" mais avait été préalablement "désigné" comme évêque lors d'une vision par le "Seigneur" [Jésus], dès 1935. Pourtant, le 23 octobre 1966, par "obéissance" et "humilité", "par charité pour les faibles" et pour mieux entrainer certaines âmes réticentes vers [son] Eglise de Gloire", il se fait tout de même "confirmer" évêque par Mgr Cyprien Damge (évêque de la lignée Vilatte). Il fait construire une "basilique" et s'entoure de cardinaux (souvent d'ex-prêtres ou religieux) et de religieuses (une quinzaine), les "apôtres de l'amour infini". En 1974, sa mission pontificale compte quatre "cardinaux" français, cinq italiens, cinq allemands, deux hollandais, un suisse, un américain, un canadien. Il publie un livre, L'Eglise du Miracle, ainsi que de nombreuses brochures et tracts, et achète un hôtel-restaurant à Pont-à-Mousson pour accueillir les "pèlerins". Dans son journal La Vérité, également publié en allemand et en anglais, il déclare la guerre au pape Paul VI qui a pris sa place au Vatican. Il le dénonce comme "faux pape", l'excommunie, et évoque les "hérésies de Rome". "Sous la dictée du ciel", il rédige les dogmes de "l'Eglise de Gloire" (également nommée Eglise du Miracle et Eglise rénovée) et son catéchisme. Il annonce que la Sainte Vierge et saint Joseph sont corédempteurs du genre humain, appelle au sacerdoce des hommes et des femmes mariés, car pour Dieu il n'y a pas de sexe, supprime la confession auriculaire à cause des "abus". Il valorise les offices longs, le culte marial, les dévotions, les exercices de piété, la morale et aussi les prophéties, les anges, les extraterrestres et Satan. Les nombreux miracles de Michel Collin lui attirent des centaines d'adeptes en France et quelques milliers à l'étranger, soit au total 20 à 25 000 fidèles. Il a aussi quelques ennuis avec la justice : il est condamné en 1965 à six mois de prison avec sursis et 1 000 francs d'amende pour escroquerie. En 1970, le fisc lui réclame des arriérés d'impôts. Son Eglise, qui appartient à la mouvance apocalyptico-mariale sauvage, peut être qualifiée de mystico-sectaire sur le plan sociologique. Elle a une prétention universaliste, globalisante et multidiniste qui la spécifie en tant qu'Eglise. Les "relations directes et immédiates" de Clément XV avec Dieu et tous les Saints lui confèrent son caractère mystique, et sa tendance fragmentaire, schismatique et protestataire, ainsi que la participation intensive de ses membres, lui donnent certains des attributs du type secte. Michel Collin meurt en 1974 "martyr de la fin des temps". Sa communauté attend sa résurrection "miraculeuse", au plus tard pour Noël 1982, mais elle tarde et la communauté de Clémery est désemparée, la clientèle s'effondre. Un schisme se manifeste dans l'association dix ans plus tard à la suite d'un conflit entre "conservateurs" et ceux qui proposent des "voies nouvelles". Finalement, en 1985, Clément XV se réincarne en la personne du stigmatisé Robert Fontaine qui anime le groupe des novateurs. La guerre entre les deux camps fait rage : à coups de "messages du ciel" contre l'imposteur, de "réductions à l'état laïc" et de lettres recommandées. La basilique de Clémery brûle. Clémery n'est plus la capitale de l'Eglise rénovée. L'association Magnificat qui a longtemps servit de support juridique à l'Eglise est dissoute le 11 mai 1998. C'est la fin de l'Eglise de Clément XV, mais pas la fin de la mouvance à laquelle elle appartient et à l'intérieur de laquelle des communautés, des réseaux, se font et se défont et finalement se recomposent. Déjà du temps de Clément XV, des dissidences étaient apparues : les plus connues sont celle de Don Ferraro (ex-prêtre italien) qui se proclama "Christ sur terre" et fut dénoncé comme "faux mystique" par Clément XV, et celle de Gaston Tremblay, ancien évêque de Clément XV qui rompit avec ce dernier en 1967 et se fit proclamer à son tour pape au Canada sous le nom de Grégoire XVII.
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